Ralentir le rythme, ou comment avancer plus vite et plus sereinement

Il y a quelques temps, sur un groupe Facebook dédié à l’éveil, je suis tombée sur la publication d’une personne qui demandait de l’aide. Elle s’épuisait petit à petit, car elle cherchait à avancer trop rapidement, à tout comprendre trop vite. Je suis moi aussi passée par cette phase, et ma plus grande prise de conscience que j’ai pu lui partager sur ce sujet était la suivante : apprendre à gérer l’impatience et ralentir le rythme permet d’aller plus vite… et de se sentir mieux !

Alors oui, cela peut paraître paradoxal au début, mais je vais m’expliquer ce que je veux dire par là à travers mon expérience personnelle, et cela devrait vous sembler plus clair.

 

  1.    Les effets de l’impatience

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Ce qu’il faut garder en tête, c’est que ce que l’on vit à l’intérieur impacte tout : nos émotions, notre façon de penser, de se comporter, et même notre environnement puisque nous le façonnons et le percevons selon ce que nous vivons à l’intérieur. Par exemple, j’ai tendance à beaucoup m’éparpiller à l’intérieur de moi-même, à me poser 15 000 questions à la seconde et à accueillir des tas de pensées qui se bousculent les unes les autres. L’aspect de ce monde intérieur où tout va dans tous les sens, se traduit dans mon monde extérieur par un studio quelque peu désordonné, avec des affaires un peu partout à droite à gauche. A l’inverse, j’ai dans mon entourage une amie qui est beaucoup plus posée, plus calme que moi. Elle est très organisée, et prévoit toujours tout ce qu’elle fait bien en avance. Devinez quoi ? Son studio est parfaitement ordonné, avec des décorations bien placées et bien choisies.

En ce qui concerne l’impatience, le même principe s’applique. Lorsque l’on veut s’éveiller plus vite, comprendre tous nos mécanismes du jour au lendemain, tout comprendre du monde qui nous entoure et de toutes les leçons que la vie a à nous apprendre… on ne fait que s’épuiser. On fait tout pour aller plus vite, mais la vie elle, suit son cours. On ne peut pas « aller plus vite que la musique » comme on dit. C’est un peu comme si vous couriez avec un ami, que vous le dépassiez car vous courez plus vite que lui, puis que vous reveniez à sa hauteur pour courir ensemble à chaque fois qu’il vous demande de ralentir. Vous courez deux fois plus, mais vous n’arriverez pas plus vite. Au final, vous vous fatiguez, voire vous vous énervez car vous êtes impatient. Si vous allez courir avec un ami, vous vous calez sur le même rythme que lui et courez ensemble pour vivre cette expérience à deux. L’éveil, c’est plus ou moins le même principe. Ce qui le rend beau, intéressant, intriguant… c’est le chemin que vous parcourez.

Pour la petite anecdote, je suis moi aussi passée par cette phase ou je voulais tout comprendre, tout analyser et aller trop vite. Je multipliais les séances de coaching, les lectures, les mises en pratique et exercices, les défis… et finalement, je n’ai jamais été aussi fatiguée psychologiquement et physiquement. Je ne peux même pas dire que j’étais plus heureuse que d’habitude. Je ne dis pas avoir rien appris, mais j’ai appris des concepts et prises de conscience de grands maîtres du développement personnel, au lieu de vivre pleinement ma propre vie, et d’avoir mes propres prises de consciences tirées de ma propre expérience de vie. A trop me projeter dans les écrits et les croyances des autres, j’en négligeais les miennes. Ma mère me répétait de ralentir, me disais que je voulais aller trop vite, mais je ne comprenais pas. Je me disais que c’était elle qui ne voulait pas essayer d’avancer… sauf qu’elle avait raison : je voulais bel et bien aller trop vite, et je m’en suis rendue compte quelques jours plus tard, lorsque mon corps a décidé de m’envoyer un message assez clair.

Cette envie d’accélérer se ressentait jusque dans ma démarche. J’étais pressée en permanence, je marchais vite, descendais les escaliers à toute vitesse, même lorsque je n’avais pas d’échéance ou de rendez-vous à honorer. Et c’est là… qu’un jour de pluie… je dévalais les marches du métro comme à mon habitude… et je vous laisse deviner la suite. Je me suis littéralement étalée sur le sol. Lorsque mon pied a commencé à glisser, j’ai compris que je finirai les fesses par terre avant même de chuter. Ma réaction a été d’accepter. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais je pense avoir immédiatement compris (ne serait-ce qu’inconsciemment) le message lié à cette situation. J’allais trop vite. J’ai alors lâché prise, j’étais presque détendue, et je me suis laissée tomber au lieu de vouloir me rattraper à tout prix. Sur le coup j’ai eu mal, je dois bien l’admettre ! Mais avec le recul, j’ai pris cette chute comme un message : tu veux aller trop vite, tu ne fais pas suffisamment attention à toi et à ce qui t’entoure, tu t’épuises et tu fonces tête baissée. Sans compter qu’au-delà de cet épisode, j’étais effectivement très fatiguée, perdais ma positivité au profit de l’énervement, et ma patience au profit de l’impatience et la nervosité.

Cette chute a donc été une expérience très positive, car elle m’a clairement montré ce que je refusais de voir. Comme je me suis fait très mal aux fesses, mais surtout au dos, j’ai été obligée de ralentir le rythme, de me reposer, et de prendre du temps pour moi.

 

  1.       Les bénéfices d’un rythme plus lent

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Je reste absolument convaincue que nos prises de consciences les plus importantes se font par l’expérience, et par notre propre vécu. Ce n’est que ma conviction, mais je ne pense pas que ce soit en lisant des livres, en regardant des vidéos ou en assistant à des conférences que je découvrirai quelque chose qui me changera profondément la vie… tout d’abord parce que je pense que pour prendre véritablement conscience de quelque chose il est nécessaire de l’expérimenter, et ensuite parce que nous ne fonctionnons pas tous de la même façon, ce qui signifie que certains principes peuvent être très vrais pour une personne et beaucoup moins pour une autre. Ceci dit, nous sommes bien d’accord, il existe tout de même un certain nombre de choses qui sont valables pour une large majorité d’entre nous, mais il reste toujours la question de l’expérimentation. Je précise en outre que je lis, regarde des vidéos, assiste à des conférences car cela me permet de découvrir plein de choses que je trouve absolument passionnantes, mais désormais, je pense à faire ma propre expérience à côté.

Revenons au cœur du sujet de cet article : ralentir le rythme permet d’aller plus vite. Comme je le disais, depuis ma chute, j’ai ralenti le rythme. Moins de coaching, moins d’activités, moins de questions… mais plus de temps, plus de repos, plus de disponibilité, plus de flexibilité, et surtout… une toute autre perception des choses, bien plus orientée sur le positif qu’elle ne l’était avant. Je ne suis plus dans cet état d’urgence que je pouvais ressentir intérieurement. Je sais maintenant que chaque expérience me permettra de comprendre quelque chose de nouveau, alors je me tiens tout simplement prête à accueillir la prochaine situation, dans l’acceptation, l’ouverture d’esprit et la bienveillance. Je ne sais pas comment je réagirai sur le moment, mais j’avance à mon rythme, dans un état serein. Forcément, cela se ressent sur mon environnement extérieur, quelque soit le domaine de vie (famille, travail, santé, passions…). Ainsi, ralentir c’est s’offrir une certaine tranquillité, une certaine paix intérieure. Ce cercle vertueux me place dans une attitude d’accueil et de gratitude, qui ont pour effet de me faire prendre conscience de tout un tas de petites choses que je n’aurais pas remarquées, pas comprises dans l’état de précipitation que j’alimentais lorsque je voulais tout comprendre tout de suite. C’est en accueillant toutes ces petites prises de conscience que je vais « plus vite ».

Par ailleurs, le fait de ralentir le rythme me permet de me concentrer sur chacune de ces prises de conscience. Je ne me contente pas de comprendre. Je comprends, et j’agis. Encore une fois, je le fais à mon rythme et certaines choses demandent du temps, mais peu importe, j’essaie d’avancer sans forcer les choses, sans chercher à les accélérer. Au lieu de vouloir tout comprendre d’un coup, j’apprécie chaque chose que je comprends à sa juste valeur, et je m’attarde dessus pour mettre en pratique l’action qui y est liée. Je considère que lorsque je prends conscience de quelque chose, cela doit me permettre d’agir par la suite, pour évoluer et me sentir plus épanouie. Pour vous dire la vérité, cela fonctionne très bien. Et je ressens énormément de plaisir à découvrir chaque nouvelle prise de conscience. Je dirai que prendre le temps d’apprécier, c’est aussi ça ralentir le rythme.

Enfin, je finirai cet article par deux remarques.

La première, c’est que comprendre des choses sur son chemin de vie est essentiel, mais savoir où l’on veut aller l’est tout autant. Définir et se concentrer sur le(s) but(s) à atteindre (ex : être épanoui, rayonner et faire du bien autour de soi, …) permet de faire disparaître l’impatience liée à la compréhension et l’éveil. On se concentre sur nos objectifs de vie, tout en accueillant les expériences qui nous permettent d’évoluer, de mieux nous comprendre nous-mêmes et le monde qui nous entoure.

La seconde, c’est qu’il faut savoir apprécier tout le processus et pas simplement un résultat. Autrement dit, apprécier chaque moment et chaque expérience qui nous mène vers notre objectif de vie. Cela permet de vivre dans la joie et de ressentir le positif dans notre quotidien. Vous connaissez la fin de l’histoire, alors ce qui est intéressant désormais, c’est tout ce qui va se passer en avant d’y arriver !


J’espère que cet article aura pu en éclairer certains qui se sentent un peu perdus en ce moment… Sachez que vous n’êtes pas les seuls et que nous passons tous par là (je ne suis d’ailleurs pas à l’abris de me sentir de nouveau perdue un jour ou l’autre, mais j’essaierai de garder cette attitude d’acceptation). Je vous invite à partager vos expériences, en commentaire ou au travers d’un article.

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